Marcadores de discurso

  • Kate BEECHING (Bristol, Grande-Bretagne)
    The translation equivalence of bon, enfin, well and I mean
    2011, Vol. XVI-2, pp. 91-105

    <p>On se propose d'évaluer l'efficacité de deux méthodes susceptibles de capter le changement sémantique qui contribue au caractère polyfonctionnel de quatre connecteurs en français et en anglais - <em>bon, enfin, well </em>and<em> I mean</em> - : d'une part l'équivalence traductionnelle - qui permettrait la désambiguïsation des polysémies évoluantes ; et d'autre part l'approche de Haspelmath (2003) - dont les cartes sémantiques permettent de capter les typologies trans-linguistiques et les hiérarchies implicationnelles qui caractérisent l'évolution de ces polysémies. L'article arrive à la conclusion que les étapes successives de la pragmaticalisation se révèlent à un certain point dans l'équivalence traductionnelle mais que la cartographie sémantique sert mieux à capter les étapes de développement diachronique et le degré d'équivalence traductionnelle entre les termes.</p>


  • Marie-Laure ELALOUF (Cergy-Pontoise)
    Le traitement des connecteurs dans les Instructions officielles et les manuels (français L1 / anglais L2)
    (Connectors in French ministerial directives and textbooks (French L1/English L2))
    2011, Vol. XVI-2, pp. 121-140

    <p>Dans les programmes du français, le terme de <em>connecteur</em> est devenu un terme englobant pour désigner des mots invariables réunis selon des critères sémantiques, voire tout syntagme commutant avec un adverbe à valeur circonstancielle. Etudiés sous forme de listes, les connecteurs n'assument pas leur fonction de guide pour l'interprétation en langue 1. La conscience des apprenants n'étant pas attirée sur le fonctionnement de ces unités hétérogènes en anglais, ces difficultés se retrouvent <em>a fortiori</em> en langue 2. Le filtre préalable de la langue maternelle, joint aux savoirs approximatifs sur le français, conduisent à des relations biunivoques nuisant aux savoir-faire argumentatifs en langue 2, les articulations plaquées apprises en listes prenant parfois le pas sur les contenus des productions. Une réflexion métalinguistique, s'appuyant sur la comparaison des systèmes linguistiques, appellerait la définition progressive de métatermes communs.</p>


  • Anna GIACALONE RAMAT (Pavie, Italie)
    L'’emploi des connecteurs : però correspond-il toujours à mais ?
    (The use of connectors: is però always equivalent to mais?)
    2011, Vol. XVI-2, pp. 57-74

    <p>Les grammaires de l'italien pour des publics francophones mentionnent peu <em>però</em> et ne sont qu'allusives quant à ses différences avec le connecteur adversatif <em>ma</em>. L'étude des traductions italien / français de <em>però</em> dans le roman <em>Caos calmo </em>de Veronesi (2005), étayée d'observations de celui-ci dans des emplois oraux (corpus LIP 1993) amène à moduler certaines assertions des grammaires (équivalence avec <em>ma</em>, liberté de position, force majeure) et à les élargir. L'étude contrastive menée de façon synchronique est éclairée par les étapes du lent processus de grammaticalisation des connecteurs à partir de relations temporelles et causales et explique la distribution actuelle dans les deux langues.</p>


  • Lucie GOURNAY (Paris-Est Créteil)
    Connecteurs et altérités dans une perspective contrastive français-anglais
    (Connectors and the expression of contrast: a French-English comparative study)
    2011, Vol. XVI-2, pp. 75-89

    <p>Dans cet article à visée d'applications en lexicologie ou enseignement de la traduction, l'hétérogénéité des connecteurs est abordée par le biais de la comparaison des langues. Deux études sont proposées : la non-équivalence de <em>mais / but</em> quand <em>mais</em> à l'initiale ne signale pas une altérité argumentative ; les faux amis <em>actually / actuellement</em>, qui ne correspondent quasiment jamais. Ces études sont complémentaires par leur façon d'aborder la non-littéralité en traduction. L'emploi de mais en tête d'exclamative ou question rhétorique ou avant une reprise elliptique en <em>oui / non / si</em> a été discuté en linguistique de l'énonciation. On propose ici, à partir d'arguments contrastifs, une analyse du <em>mais</em> connecteur, en tant que marqueur d'attitude énonciative. A propos de <em>actually / actuellement</em>, on dégage leurs propriétés partagées, afin de cerner ce qui demeure de leur héritage commun. On tente d'expliquer pourquoi <em>actually</em> est aujourd'hui un connecteur, contrairement à <em>actuellement</em>.</p>


  • Adelaida HERMOSO MELLADO (Séville, Espagne)
    Etude des adverbes Décidément / Decididamente... et quelques autres
    (The adverbs Décidément / Decididamente and some others)
    2011, Vol. XVI-2, pp. 9-23

    <p>L'objectif principal de ce travail est de montrer, au travers du cas des adverbes français et espagnol <em>décidément / decididamente</em> et de quelques autres, a) que la ressemblance morphologique entre deux langues n'est pas un critère de traduction, comme exemplifié par : <em>Décidément, quel désastre&nbsp;! / ¡Desde luego! *¡Decididamente!, ¡Qué desastre!</em> ; b) que l'utilisation de propriétés linguistiques simples permet l'obtention de meilleurs résultats. Outre décidément, qui sera au centre du débat, seront éventuellement considérés d'autres cas, ainsi <em>définitivement, naturellement, incontestablement, indubitablement vs desde luego, decididamente, naturalmente et sin duda</em>. Sous peine de tomber dans l'arbitraire, la traduction des connecteurs et autres marqueurs discursifs doit se donner (et suivre) des règles strictes, concernant certes la syntaxe et la sémantique, mais également certaines indications contextuelles et cotextuelles.</p>


  • Richard INGHAM (Birmingham, Grande-Bretagne)
    Anglo-Norman and the ‘plural history’ of French: the connectives pourtant and à cause que
    2011, Vol. XVI-2, pp. 107-119

    <p>Les textes administratifs et autres ressources documentaires incorporés dans trois corpus électroniques d'anglo-normand rendus disponibles récemment permettent une perspective nouvelle sur la variation en français d'avant l'ère moderne. Ils sont capables de nous renseigner sur des aspects importants, diatopiques ainsi que diaphasiques, de la variation en diachronie. Grâce à ces nouvelles ressources, on arrive à rendre compte de l'évolution des tendances sémantico-pragmatiques du lexique français de façon plus complète qu'en suivant les approches traditionnelles qui privilégiaient le développement du francien et du français standard. Il est démontré dans cette étude que les connecteurs <em>pourtant</em> et <em>à cause que</em> pouvaient s'employer en anglo-normand avec leurs valeurs modernes bien avant les dates proposées par les dictionnaires historiques de référence. Les citations nombreuses relevées dans les textes anglo-normands du XIVe siècle offrent ainsi la possibilité de découvrir les débuts des évolutions en sémantique lexicale du français post-médiéval.</p>


  • Olga INKOVA (Genève, Suisse)
    Les connecteurs anaphoriques du russe : entre subordination et corrélation
    (Russian anaphoric connectors: between subordination and coordination)
    2011, Vol. XVI-2, pp. 25-40

    L'objectif de l'article est de donner un panorama des marqueurs de subordination en russe, issus majoritairement du schème corrélatif. Ils se caractérisent par un degré de figement différent, ce qui rend leur catégorisation particulièrement difficile et parfois contradictoire. L'auteur suggère des pistes qui permettraient d'élaborer une classification cohérente de ces marqueurs et se penche ensuite sur les problèmes de la traduction de ces marqueurs en français.


  • Maria SVENSSON (Uppsala, Suède)
    Marqueurs corrélatifs en français et en suédois : l'’exemple de non seulement... mais et inte bara... utan
    (Correlational markers in French and Swedish: the example of non seulement... mais and inte bara... utan)
    2011, Vol. XVI-2, pp. 41-56

    <p>Nous rendrons compte d'une étude comparative des marqueurs corrélatifs <em>non seulement... mais</em> en français et <em>inte bara... utan</em> en suédois. A partir d'un corpus bilingue de textes originaux dans les deux langues ainsi que de traductions dans les deux sens, nous montrerons la contribution de ces marqueurs à l'organisation du discours dans des textes de littérature spécialisée dans les sciences humaines. Notre analyse visera les similarités et les différences formelles, contextuelles, sémantiques et argumentatives se manifestant entre <em>non seulement... mais</em> et <em>inte bara... utan</em>. L'approche contrastive permettra de constater des différences et des similarités entre les langues ainsi que des difficultés de traduction, mais elle contribue également à la description approfondie de la fonction de ces marqueurs corrélatifs dans chaque langue.</p>